Articles de recherche
Articles de recherche
Collet, Isabelle et Nicole Mosconi, (2010) « Les informaticiennes: de la dominance de classe aux discriminations de sexe? », in Perspectives féministes en éducation, Nouvelles Questions Féministes 29(2), pp.100-113
Bien que minoritaires, les informaticiennes sont aujourd’hui trop nombreuses pour
apparaître comme des exceptions. Cet article examine la manière dont elles se situent par rapport aux normes de sexe et comment leur représentation de l’informatique a rendu possible leur carrière. L’informatique a la particularité de susciter des représentations ambiguës au niveau du genre. Se saisissant de l’idéologie de l’universel républicain qui leur promet l’égalité entre les sexes, les informaticiennes qui se considèrent comme appartenant au groupe dominant, peuvent s’y retrouver. A l’école, elles peuvent occulter le sexisme tant que leurs résultats sont suffisamment bons. Mais une fois confrontées à une forte concurrence professionnelle, elles ne savent pas décrypter les signaux des rapports sociaux de sexe et réagissent par une auto‐accusation qui les renvoie à un statut de dominées.
Women IT Engineers: Between Class Domination and Sex Discrimination
Even if they are a minority, women in Information Technology are too numerous today to be considered as exceptional. This article shows the way these women behave towards gender norms and how their IT representations made their careers possible. Although Information Technology enables ambiguous gendered representations, women in IT seize the universal republican value promising equality between men and women. They believe they belong to the dominant class because they found their place in IT. At school, they can obliterate sexism if their results are good enough. But at workplace, in a cutthroat competition environment, they can’t decrypt social struggle of domination signals hence they react by a self‐accusation and this send them back to a dominated status.
Le sommaire du numéro - L’article dans Libération
Collet, Isabelle (2009) « L’auto-engendrement des informaticiens : comment supprimer la différence des sexes grâce à un mode de reproduction fantasmée », in «Masculinités», Sextant n°27, pp.207-220
Introduction du numéro : « Un homme n’aurait pas idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles », affirmait en 1949 la philosophe française Simone de Beauvoir. Les profondes mutations qui ont affecté le genre et la sexualité ces dernières décennies ont pourtant fait mentir l’auteure du Deuxième sexe : le masculin est désormais objet de multiples débats, réflexions et recherches.
Ce volume entend faire écho à cet extraordinaire essor que connaissent les études sur les hommes en tant qu’êtres sexués, en présentant vingt-cinq contributions sur les masculinités à l’époque contemporaine. Rassemblés dans une perspective de décloisonnement disciplinaire, des historiens, sociologues, philosophes, anthropologues et spécialistes de la littérature ou du cinéma mettent ici en évidence le caractère pluriel des expériences et idéologies de la virilité. Ils montrent également que la construction du masculin ne s’opère jamais en vase clos, mais bien en étroite corrélation avec celle du féminin. Ce sont donc au final les deux « sexes » qui sont au coeur de ce volume qui, en dénaturalisant les catégories sociales, éclaire le caractère contingent, quotidiennement ré-inventé de ce qui apparaît évident : être une femme ou un homme.
Marro, Cendrine et Isabelle Collet (2009) «Les relations entre filles et garçons en cours de maths, français et physique : collaboration, compétition ou indifférence ?» Recherches & Educations n°2, pp. 45-72
Résumé : Comment l’attitude généralement favorable à la mixité de sexe, exprimée spontanément par les élèves, se traduit-elle dans le vécu quotidien de cette mixité dans la classe décrit par ces mêmes élèves (Vécu subjectif de la mixité) ? Vécu qui lui-même serait conditionné par ce que nous proposons d’appeler la dépendance/indépendance à l’égard du genre (DIG) ? Telles sont les questions auxquelles s’efforce de répondre l’étude sur laquelle prend appui cet article, étude qui concerne quelques 150 filles et garçons scolarisé-e-s en classe de 6ème, 4ème et 2de, et qui articule pour ce faire les méthodologies du questionnaire, de l’observation et de l’entretien. Relevons comme principaux résultats que, quel que soit le vécu subjectif de la mixité de sexe, celle-ci n’apparaît pas réellement opérante dans la quotidienneté de la classe ; la DIG semble avoir une influence sur la manière dont la mixité est mise en oeuvre dans la classe par chacun et chacune sans que nous puissions encore le confirmer. Cette étude nous semble relever de l’opérationnalisation débutante d’un nouveau concept en cours d’élaboration.
Abstract : How the positive attitude towards boys and girls co-education, spontaneously expressed by the students, is carried out in everyday school? How the students describe it? What is their subjective experience of co-education? Assuming this personal experience is conditioned by what we call gender independence / dependency (GID). These questions are the lead of this article based on a 150-girls-and-boys study in secondary school, using interviews, observations and questionnaires. Among our results, we can point up: whatever the students subjective experience of co-education, it is not carried out in the classroom ; boys and girls are together in the classroom but not really co-educated. GID seems to influence the way boys and girls behave with each other in the classroom however this result needs to be validated. This study would be the first step of a new concept implementation, still in a working-out process.
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Collet Isabelle et Nicole Mosconi (2006) « Genre et autoformation : le cas de l’informatique », Education permanente n°168 - pp.137-148
Dossier : L'autoformation : actualité et perspectives
En utilisant l’informatique comme révélateur, cet article se propose de montrer que les hommes et les femmes ont souvent un rapport différent à la formation et à l’autodidaxie. L’informatique valorise fortement les apprentissages autodidactes. À travers des interviews d’informaticien-ne-s, nous verrons à quel point l’autodidaxie associée à un fantasme d’auto-engendrement se mêlent chez certains hommes, alors que les femmes ne reconnaissent pas leurs apprentissages autodidactes comme tels, ou du moins, n’éprouvent pas le besoin de les mettre pas en avant.
Collet, Isabelle (2004) « La disparition des filles dans les études d'informatique : les conséquences d'un changement de représentation » Carrefour de l'Education (17) pp.42-57
Parmi les études scientifique et technique, l’évolution de la discipline informatique attire l’attention car la part des femmes y est en régression depuis la fin des années 1980. Pour tenter de comprendre les raisons de ce recul singulier, cet article s’appuie sur deux recherches : une thèse en sciences de l’éducation en cours et une enquête qui s’inscrit dans le cadre des missions de recherche commandées par le Service des droits des femmes et de l’égalité.
Nous regarderons comment la population des informaticiennes a évolué au cours du temps, puis comment la perception de l’informaticien et de l’ordinateur s’est modifiée au cours de la décennie 1990. Si le modèle du hacker est aussi ancien que l’invention des premiers ordinateurs, il est devenu prégnant sur les représentations du métier d’informaticien avec la généralisation du micro-ordinateur. Avant les années 1990, tant que l’informatique est perçue comme un métier technique du tertiaire, les femmes peuvent y entrer relativement nombreuses. Mais avec la généralisation du micro-ordinateur, le modèle du hacker se diffuse auprès du public. Ce modèle, culturellement familier aux garçons, possiblement désirable, activant les fantasmes de pouvoir dans lesquels les garçons sont éduqués, est devenu hostile aux filles. Elles désertent alors les études d’informatique.